Je me sens investi d'une mission - Pour le Don d’Organes et de Tissus Humains
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Je me sens investi d’une mission

Greffé Rein-Pancréas en l’an 2000, Didier SIMON témoigne de son histoire.

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Greffé en l’an 2000, Didier SIMON témoigne de son histoire. Entre la volonté du donneur et les doutes du receveur, la difficulté ne se trouve pas toujours là où on l’attend le plus.

« Depuis plus de 9 ans, il ne se passe pas un jour sans que je pense que je porte quelque chose de vivant de quelqu’un d’autre en moi », confie Didier Simon. « C’est vraiment compliqué de profiter de la mort de quelqu’un pour vivre« .
Accepter d’être greffé c’est effectivement accepter l’organe d’une personne décédée. Cette décision même si elle est attendue est extrêmement difficile à prendre. Dans un premier temps près de la moitié des patients en attente de greffe refuse d’ailleurs la transplantation. Au final, 15 % d’entre eux n’accepteront pas. « Vous êtes seul à faire ce choix. Même les proches ne peuvent pas vous aider. Une foule de questions se bousculent alors dans votre tête : quelle est la valeur de ma vie pour pouvoir prétendre à cette transplantation coûteuse ? Pourquoi ai-je été choisi ? Il y a obligatoirement une personne qui a un besoin plus urgent que moi…« 

La seule réponse valable est évidemment la possibilité de « guérison ». Dès l’âge de 13 ans, Didier Simon a vécu avec le diabète. Une vie organisée autour des piqûres journalières, des analyses d’urine trois fois par jour mais aussi des fatigues, des étourdissements et des malaises qui surviennent à n’importe quel moment. « Et le diabète affecte également l’intérieur, l’invisible. Les canaux sanguins se bouchent petit à petit en commençant par les plus fins, dans les yeux et les reins en particulier. Un matin c’est la cécité quasi complète d’un œil. Toutes les alertes qui m’étaient formulées deviennent réalités. C’est alors la dialyse qui détruit tout. À commencer par le moral, tant on devient dépendant d’une machine trois fois par semaine, sans vacances, ni jours fériés« . C’est à ce moment que Didier Simon opte pour la double greffe rein et pancréas. Cette option a pour avantage de corriger le diabète. En revanche, alors que la greffe de rein est la plus couramment effectuée en France avec plus de 2200 interventions chaque année, cette double transplantation est beaucoup plus rare, seulement une quarantaine de cas par an.

Deux mois et demi après cette décision, l’intervention a lieu. « Je me souviens de mon premier petit-déjeuner avec de la confiture« , se rappelle encore avec plaisir Didier Simon. Après les douleurs post-opératoires, l’homme redécouvre la vie avec une euphorie incontrôlable durant plus d’un an.

« Aujourd’hui, je me sens investi d’une mission de témoignage pour dire combien la démarche du don est belle et digne de la part de ceux qui la font« . Didier Simon a d’ailleurs souhaité raconter son histoire dans un livre, « Une vie pour deux », et milite inlassablement au sein de FRANCE ADOT. « Je suis d’un optimisme forcené« , conclut-il. « Il faut que je le dise. La vie m’a fait un cadeau après bien des obstacles et des déconvenues, à moi d’en profiter, de prouver ma détermination et de faire rayonner mon bonheur… « .

Contact 02 32 53 52 11 ou didier.simon@aliceadsl.fr

Anne Calais,
Seine-Maritime le magazine – septembre 2009

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