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FRANCE ADOT 85

Vendée

10 rue d'Ulm
Bât E - Porte 8
Résidence L'Enrilise
85000
LA ROCHE-SUR-YON

06.40.50.43.48
franceado85@orange.fr
ADOT Vendée Votre CONTACT M. Daniel MONTASSIER Président Contacter directement

"« Grâce au don d'organes, la mort est moins inutile, moins absurde ». Cette remarque d'un couple de Choletais parue dans Ouest-France récemment, suite au décès brutal de leur fille Olivia à 33 ans, Claudine* et moi, nous la faisons nôtre... Coïncidence : Olivia et Ludovic* avaient presque le même âge et les deux opérations se sont passées à l'hôpital de Chambéry !
Notre fils Ludovic est né en février 1976 handicapé mental. Nous avons appris 30 ans après que son handicap était dû à l'absence de corps calleux, qui est une sorte de pont reliant entre eux les deux hémisphères du cerveau permettant de faire circuler l'information d'un côté à l'autre. Conséquences : déficit intellectuel, troubles du comportement et autres handicaps...
Ludovic est arrivé à la Maison Perce-neige de Givrand en décembre 2003 après différents passages en Hôpitaux psychiatriques, IME, foyer de Vie.
La maison Perce-neige, c'était sa seconde maison... Il y avait ses repères, ses amis. On l'avait surnommé : «  Le gardien du Temple »... Il contrôlait tout dans la maison... Les départs, les arrivées, le coucher...
Il aimait aussi les voyages, notamment les séjours à la montagne organisés tous les ans dans les Alpes, montagnes qui le fascinaient... Et c'est là-bas que Ludovic a pris une autre piste... Mangeant un sandwich avant de partir découvrir les plaisirs de la randonnée en ski de fond, il a fait ce qu'on appelle « une fausse route ». Il a pu être ranimé et fut transporté par hélicoptère au Centre Hospitalier de Chambéry... Malheureusement le mal était fait au niveau de son cerveau ...
Ce mardi 26 janvier 2011 restera bien sûr marqué à vie dans nos têtes. Claudine au travail, moi à la maison. Nous recevons un coup de téléphone du Directeur de Perce-neige présent sur les lieux : « Il faut que vous veniez tout de suite, Ludovic vient d'avoir un petit problème de santé... ». Précautions d'usage qui n'empêchent pas de s'interroger sur la raison de ce coup de téléphone... Deuxième coup de téléphone : « Êtes-vous en route ? C'est urgent... ». Après quelques recherches sur le moyen le plus rapide de joindre Chambéry, nous décidons de prendre la voiture : 9H30 de traversée de nuit... Nous arrivons à Chambéry à 3H30 du matin...
Nous sommes bien sûr attendus... Aussitôt, on nous dirige vers la salle de réanimation. Notre Ludo est là. Il semble dormir entouré de nombreuses machines et branché de partout... Nous l'embrassons. Il est chaud... C'est étrange... Il dort !? Son corps appareillé continue à vivre... Peut-être va-t-il se réveiller, nous sourire de ce sourire taquin du « Pince sans rire » qu'il était ? On a du mal à croire que c'est fini... Mais le ballet incessant des infirmières se succédant à nos côtés, puis l'arrivée programmée et progressive des médecins nous font cheminer doucement vers ce qu'à la fois nous redoutions d'entendre et ce à quoi nous nous étions préparés : « Votre fils est en mort cérébrale... Nous ferons un autre encéphalogramme demain matin pour confirmer ou pas... ». On nous trouve une chambre pour nous reposer... C'est l'heure où les employées embauchent pour le nettoyage et ont manifestement beaucoup de choses à se raconter ! Elles ignorent tout de notre présence... On ne ferme pas l'œil... Comment pourrait-on ?
Le lendemain matin, les médecins confirment que l'encéphalogramme est plat, que donc qu'il n'y a plus rien à faire... Et tout de suite on nous présente le don d'organes. L'infirmière coordinatrice hospitalière des prélèvements d'organes est là et nous questionne : « Avez-vous pensé au don d'organes ? ». Utilisant des mots justes, mesurés, apaisés elle nous fait cheminer vers cette décision qui pour nous deux ne fait aucun doute... Bien qu'on ne se l'était jamais posée qu'en théorie... L'équipe médicale nous laisse le temps de réaliser... Ludovic aurait été le premier à le vouloir, lui qui avait souvent le masque de la souffrance mais qui ne se plaignait jamais, lui qui ne supportait pas de voir les autres souffrir au point de le mettre hors de lui...
Nous donnons notre accord. Cependant des sentiments contradictoires s'entrechoquent : douleur, déchirement, culpabilité, liberté de son choix, respect de sa volonté, intervention chirurgicale (respect de son corps... Comment cela va-t-il se passer ?) L'infirmière coordinatrice hospitalière nous rassure et nous parle « d'opération très contrôlée en matière d'éthique ». Elle sera présente à « l'opération »... Elle se porte garante du bon déroulement de l'intervention. Elle nous dit : « Je serai vos yeux... ».
Ils ont procédé à « l'opération » le jeudi en fin de matinée au lieu de la nuit car les hélicos ne pouvaient pas voler à cause des conditions atmosphériques... Attente interminable dans le hall de l'hôpital...
En début de soirée, nous rencontrons de nouveau la coordinatrice. Elle avance vers nous rayonnante et nous dit : « Vous pouvez être fiers de Ludovic ! Il vient de sauver la vie de sept personnes... En effet, on lui a retiré le cœur, ses deux poumons, ses deux reins, son foie, ses artères, et ses cornées... C'est qu'il était en pleine forme notre Ludo. Il n'avait pas fait d'abus lui ! Nous avons retrouvé Ludovic l'après-midi... Il était froid... Retour en Vendée avec lui pour retrouver nos deux filles et la famille et il faut préparer les obsèques. Nous prenons le chemin du retour vers Luçon. Ludovic nous suit de quelques minutes...
A notre demande, nous avons eu des nouvelles des greffés trois fois en respectant bien sûr le principe : le donneur ne peut connaître l'identité du receveur ni le receveur celui du donneur. Quelques fois, on aimerait bien... Mais c'est mieux ainsi... Nous savons simplement que son cœur a été transféré sur un homme de 50 ans (hélas, nous avons appris plus tard qu'il était décédé. Nous sommes bien sûr attristés... Ça n'a donc servi à rien ? La coordinatrice nous redonne espoir, nous disant que Ludovic a permis à cette personne de vivre 9 mois de plus !). Ses deux poumons respirent sur une jeune fille de 16 ans, ses reins ont sauvé un homme de 35 ans et une femme de 38 ans, son foie a sauvé la vie à un homme de 62 ans de Paris et les cornées ont permis à un homme de 30 ans de retrouver la vue... Depuis nous ne savons plus rien... Mais imaginons les visages de ces personnes qui vivent, survivent grâce à Ludovic. C'est lui qui continue à vivre d'une manière chez chacun d'eux... En tout cas, Ludovic transmet la vie...
Ne nous trompons pas... Le don d'organes n'est pas une décision facile à vivre... Au-delà du décès, de la séparation, c'est une décision prise à la place de l'autre... Parce que ce n'est pas normal de voir partir son enfant à 35 ans ! Mais oui, grâce au don d'organes, la mort est moins inutile... Moins absurde... Dans notre travail de deuil, ça a été très important pour nous deux et pour ses deux sœurs de savoir que la vie continue chez quelqu'un d'autre. Et puis, il faut l'avouer... On était quelque part un petit peu fier de lui... Lui le malchanceux de la vie qui comme le disaient les médecins avait tiré le mauvais numéro, lui l'handicapé mental qui avait comme sa famille souffert du « regard des autres ». Ludovic prenait un peu une revanche sur la vie... En permettant à des personnes de retrouver la joie de respirer, de voir... De vivre !
La décision n'est pas toujours facile à prendre... Il peut y avoir des raisons philosophiques, religieuses, personnelles... Les réticences existent toujours. Chacun fait son chemin. Il faut respecter...
Avant de terminer, nous voulons exprimer notre reconnaissance à tout le personnel, les professionnels du Centre Hospitalier de Chambéry : la coordinatrice des dons d'organes bien sûr mais aussi les médecins, les infirmières, et Yannick et Christophe à la chambre mortuaire qui ont organisé son rapatriement. Derrière la blouse blanche, nous avons rencontré des professionnels qui font formidablement leur travail mais surtout des hommes et des femmes rayonnant d'humanité...
Nous terminerons sur ce joli poème écrit par des enfants de 10 ans, poème légèrement modifié sur la fin... Poème où se mêlent la naïveté et la pureté de l'enfance...
Si j'étais...
Si j'étais maçon,
Je donnerais mes poumons.
Si j'étais docteur,
Je donnerais mon cœur.
Si j'étais Franc-Comtois,
Je donnerais mon foie.
Si j'étais Vendéen,
Je donnerais mon rein.
Pour donner du bonheur,
Je donnerais tout mon cœur...

Renaud

Merci à Daniel qui nous a proposé de venir témoigner. Merci à l'association ADOT 85 qui nous a reçu et qui nous a permis de donner notre témoignage.
Ce fut très important pour nous. Le temps s'est écoulé, même si la cicatrice se réveille régulièrement et nous savons qu'elle ne se refermera jamais...
Avec un recul de six ans, nous sommes un peu moins dans l'émotion... Nous avons pu écrire l'histoire de Ludovic. Nous allons la transmettre à nos enfants et petits-enfants pour leur dire ce qu'a donné Ludovic et ainsi leur montrer l'importance du don d'organes... Ce don qui a permis à d'autres personnes de vivre mieux et ce don d'organes qui nous a permis, à nous parents, de continuer... à vivre..."

*Les prénoms ont été changés

 


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