Informations scientifiques
Une cornée fabriquée artificiellement pourrait s’intégrer dans l’œil humain et stimuler la régénération des tissus.
Les résultats d'une étude clinique menée en Suède par l'équipe du chirurgien ophtalmologiste Per Fagerholm, de l’université de Linköping, sont parus fin août 2010 dans la revue Science Translational Medicine. Cette étude porte sur dix patients malvoyants ayant reçu une cornée biosynthétique il y a au moins deux ans. Ces cornées biosynthétiques ont permis de restaurer en partie la vue de certains patients souffrant d'un kératocône avancé (déformation progressive de la cornée). Faites de collagène humain recombiné, ces cornées sont restées totalement fonctionnelles deux ans après leur implantation et ont contribué à régénérer les tissus oculaires endommagés. Aucun des dix patients n'a présenté de rejet de la greffe, ni développé d'infections, et six d'entre eux ont vu leur acuité visuelle améliorée. "Ces cornées biosynthétiques se sont révélées sensibles au toucher et les patients peuvent produire des larmes de façon normale".
Ces résultats encourageants pourraient, avec plus de recherches, aider à améliorer la vue de millions de personnes attendant un donneur pour une transplantation de cornée.
Pour le Dr. May Griffith, principale auteur de l'étude, "cette étude clinique est importante car elle montre pour la première fois qu’une cornée fabriquée artificiellement peut s’intégrer dans l’œil humain et stimuler la régénération des tissus".
Source : Science Translational Medicine
Les résultats de greffes rénales avec des donneurs décédés âgés sont superposables à ceux obtenus avec des donneurs décédés jeunes, sauf la fonction rénale qui est un peu moins bonne, selon des résultats espagnols publiés dans Transplantation.
Les reins de donneurs âgés sont généralement implantés chez des receveurs âgés, mais devant la pénurie d'organes, ils sont aussi proposés à des patients de moins de 60 ans.
Le Dr Ricard Sola de l'université de Barcelone rapporte les résultats obtenus depuis 10 ans que ces greffes se font. Ils ont étudié de manière prospective 91 patients greffés avant 60 ans à partir de reins provenant de donneurs de plus de 60 ans, et les ont comparés à 91 greffes appariées pour lesquelles donneur et receveur avaient moins de 60 ans.
Ils n'ont pas trouvé de différence significative entre les groupes, même en termes de survie : la survie à un, cinq et 10 ans était de 97,6%, 87,2% et 65,5% pour les patients greffés avec un donneur de plus de 60 ans contre 98,8%, 87,5% et 76,6% avec un donneur de moins de 60 ans.
En revanche, la créatininémie à un, cinq et 10 ans était significativement moins bonne avec un donneur âgé.
"Etant donnée la rareté des donneurs jeunes, les reins de donneurs âgés peuvent être greffés chez des receveurs jeunes pour augmenter leurs chances d'être greffés", indiquent les auteurs. Pour eux, ces organes peuvent être proposés à de jeunes receveurs, au moins à ceux pour qui la transplantation devient urgente afin de leur éviter les complications de la dialyse, et aux receveurs hyperimmunisés qui ont plus de difficultés à avoir un greffon.
Remplacer un os détruit lors d'un accident ou d'une maladie par sa copie sera bientôt une réalité, si l'on en croit l'expérience menée par Gordana Vunjak-Novakovic, de l'université Columbia (New York). Les chercheurs ont ensemencé un os de veau débarrassé de ses cellules avec des cellules souches adultes humaines de la moelle osseuse. Cet os, découpé pour avoir la forme de l'extrémité d'une machoire inférieure, a ensuite été placé dans un bioréacteur fait sur mesure. Celui-ci lui a apporté en profondeur les nutriments nécessaires à la prolifération et à la différenciation des cellules osseuses. Au bout de cinq semaines, un os vivant avait remplacé la structure inerte initiale.
"La technologie pour remplacer l'os à partir d'une matrice artificielle résorbable et de cellules souches adultes est prête", confirme Guy Daculsi, directeur de recherche du Laboratoire d'ingénierie tissulaire ostéoarticulaire et dentaire Inserm U791 à Nantes. "Des sociétés se positionnent à l'étranger pour reproduire des structures osseuses plus complexes en bioréacteur. En Europe, le projet Reborne, coordonné par l'Inserm, a lancé cinq essais cliniques de reconstitution osseuse chez l'homme pour les chirurgies orthopédique et maxillo-faciale".
Source : Sciences-et-Avenir.fr (Pierre Kaldy)
Visualisez la vidéo de l'émission LE DEBAT sur PublicSénat en date du 1er Juin 2010 : Comment favoriser le don d'organes ?
Si vous n'aurez pas la réponse à la question posée par le thème de ce débat, à l'issue des 43 minutes de cette vidéo, vous aurez cependant un bon aperçu de ce qu'il faut aujourd'hui connaitre sur les problématiques du don et de la greffe.
Débat animé par Benoit DUQUESNE, avec Marie-Thérèse HERMANGE (sénatrice), le Pr Laurent LANTIERY, Raymond MERLE (greffé), Bernard DALMOLIN (réalisateur du documentaire "Six personnages en quête d'éthique").

Des chercheurs japonais de l'université Tohoku, dirigés par le Pr. Mari Dezawa, ont repéré un nouveau type de cellules souches pluripotentes, dans la peau et la moelle osseuse des adultes. Ils les ont baptisées MUSE (Multilineage-differentiating Stress Enduring Cells). Ils ont isolé et cultivé ces cellules qui semblent détenir des propriétés intéressantes pour des applications thérapeutiques. Elles ont été découvertes par hasard : ayant mis par erreur des cellules de peau humaine en contact avec un enzyme pouvant les dissoudre, les chercheurs ont découvert que certaines cellules ont survécu. En étudiant ces dernières, ils ont constaté qu'elles "possédaient des marqueurs caractéristiques des cellules souches pluripotentes connues". Implantées à des souris, ces cellules se sont différenciées en fonction de l'endroit où elles ont été greffées : en cellules musculaires, en cellules nerveuses, en cellules hépatiques, etc.
Les MUSE ont pour caractéristique d'être rares (1 cellule sur 5.000 dans la moelle osseuse), et à la différence des cellules iPS, elles ne peuvent se multiplier à l'infini et cessent de se diviser au bout de 2 semaines. Toutefois, elles présenteraient moins de risques comme l'a montré une expérience menée sur des rats à qui on a implanté des MUSE au niveau des testicules : ceux-ci n'ont développé aucune tumeur après 6 mois, là où des cellules souches embryonnaires ont engendré un cancer après 8 semaines.
Source : Bulletins-electroniques.com (Jean-Baptiste Bourdin) 23/04/10






