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Le don d'organes est encore loin de répondre aux besoins. Par Christine COURCOL

PARIS, 17 juin 2008 (AFP) - Le don d'organes, en nette augmentation au cours desdernières années, est très loin de répondre aux besoins, selon l'association pour le dond'organes France-Adot, qui organise sa 13ème journée du don à la fin de la semaine.

Et pourtant, "c'est un devoir humain", a lancé devant la presse le professeur ChristianCabrol, professeur honoraire de chirurgie cardiaque, lors de la présentation de cettejournée.
Créée en 1969 par Jean Dausset, prix Nobel de médecine, France Adot, fédérationd'associations départementales, est parrainée par l'acteur et réalisateur Richard Berry,qui a lui-même a donné un rein à sa soeur il y a trois ans.

En 2007, selon France Adot, on a procédé à 4.664 greffes, soit 54% de plus qu'en2000. Cependant les dons sont restés très insuffisants : 231 patients sont décédés fauted'organe, et la liste d'attente au 31 décembre était de 7.672 malades.

Dans le même temps, 278.000 cartes de volontaires pour le don, qui n'ont pas valeurlégale, ont été demandées à l'association. Le don doit être volontaire, gratuit etanonyme.

L'association plaide pour un registre officiel des volontaires du don d'organes, comme ilexiste un "registre national des refus" sur lequel on peut s'inscrire si l'on ne veut pas endonner. Elle suggère aussi que soit inscrite sur la carte Vitale 2, en cours de distribution,la volonté -ou non- de donner un organe après sa mort.
En décembre dernier, 150 députés UMP et Nouveau centre s'étaient déclarésfavorables à l'inscription éventuelle de la mention "donneur d'organes" sur la Carte Vitalepour "limiter le taux de refus spontané des familles" au moment du décès.Effectivement, avoir une carte disant que l'on veut faire don d'organes -on peut préciserlesquels- après sa mort n'empêche pas de demander le moment venu l'accord desproches. En l'absence de proches, la loi s'applique et le consentement est "présumé".

"L'important c'est de s'exprimer, d'en parler à ses proches", a souligné la présidente deFrance-Adot, Marie-Claire Paulet, notant que seulement quatre personnes sur dix ont faitpart de leur position à leur famille.

Pour toucher le maximum de gens, l'association veut inciter des sites internet à créerdes liens menant à France-Adot. Son objectif, à l'occasion de sa Journée, est de réussirà obtenir "5.000 liens pour le don d'organes".

"Autour de nous il y a des gens qui meurent simplement parce qu'on n'y a pas pensé",a lancé le Pr Cabrol. "C'est la même chose que ne pas secourir quelqu'un qui tombe aubord de la route, c'est scandaleux, mais personne ne s'indigne", a-t-il ajouté, estimant que "tout réside dans l'information du public".

Des actions (bal populaire, participation à des manifestations sportives, présence dansles supermarchés les 20 et 21...) devraient être menées dans plusieurs départementsdimanche et les jours qui précédent.

renseignements sur le site www.france-adot.org