Christine, jeune femme épanouie, est sereine dans l’attente d’un donneur
Douze ans ! L'âge d'un enfant qui ne pense qu'à jouer avec ses amis et aller au collège. C'est à ce moment là qu'un néphrologue m'a annoncé que mes reins ne fonctionnaient plus et que j'allais être mise sous dialyse et être inscrite sur la liste d'attente pour une greffe. Qu'est ce c'est une dialyse ? A douze ans, on n'en a pas la moindre idée ! Une greffe ! Recevoir un organe d'une personne décédée, ça existe ! C'est possible ? La maladie je connaissais, mais c'est à partir du 21 décembre 1988 que j'ai compris que ma vie ne serait plus pareille. Je suis devenue une dialysée !
J'ai passé les examens pré-greffe, et après quelques mois la chance m'a sourie. En avril 1989, il y a un greffon compatible et j'ai donc été greffée. Malheureusement un mois après l'opération mon organisme a rejeté le rein. On m'a retiré le greffon et remise sous dialyse. Les années ont passé, et j'ai organisé mon quotidien en fonction des séances. J'ai continué mes études jusqu'en Licence en allant à l'hôpital 3 fois par semaine, la nuit. J'ai connu des hauts et des bas, le moral qui flanche mais toujours l'espoir d'une greffe.
Aujourd'hui j'ai 28 ans, 17 ans de dialyse derrière moi et j'espère sincèrement que je serais bientôt greffée. Je suis optimiste ; je vois les avantages de la greffe mais je sais aussi que je vais connaître des instants difficiles. Après l'échec de ma transplantation, de nouveaux examens ont été réalisé. L'équipe médicale s'est aperçue que je fabrique des anti-corps, je suis hyper-immunisée. Le nombre de greffons compatibles avec moi est désormais infiniment réduit. L'attente, l'angoisse avant l'opération. Les premières heures avec le greffon, l'ajustement du traitement anti-rejet et enfin la sortie de l'hôpital et mon retour dans la vie de tous les jours ! Voilà à quoi je pense ! Mais j'y crois !
Cela fait un peu plus d'un an que je suis la secrétaire de l'association France ADOT 84. Cet emploi m'a permis de rencontrer des gens qui comprennent ce que je peux ressentir, mais surtout c'est l'occasion de mettre à profit mes connaissances sur l'insuffisance rénale, le don et la greffe. Ca c'est un point très positif. Alors après, la vie est belle !