Florence vit pleinement sa vie d’épouse, de mère, de sportive.
A l'âge de 22 ans et en urgence, je suis arrivée à l 'hôpital où un mur s'est véritablement dressé devant moi... Les médecins m'apprenaient en trois phrases que j'avais une insuffisance rénale terminale, que des séances de dialyse s'imposeraient dans ma vie quotidienne, et que je devais espérer une transplantation. Le choc fut lourd et la laideur se lisait sur mon visage de jour en jour. Je ne comprenais rien à ce nouveau vocabulaire. Depuis l'âge de 12 ans j'étais suivie médicalement pour un taux d’albumine trop important, et personne ne m'avait prévenu des conséquences sur le long terme.
Je me connaissais mal car aujourd'hui, 17 ans plus tard, je suis assez fière d’avoir réussi ma vie de femme et de mère dont j'avais soif à l 'époque. Je fais de chaque journée une mini vie. La maladie, lorsqu'elle frappe jeune, qu'elle gâche votre physique, votre énergie, qu'elle ralentit vos possibilités, même intellectuelles, n'est que faiblesse. Vous avez le temps de vous jurer qu’un jour, une force vous soulèvera pour rebondir 2 fois plus haut, et que vous vous prouverez que la VIE vaut la peine d'être vécue. 9 mois plus tard j'ai bénéficié d 'une transplantation rénale. Métamorphosée vous êtes, car vous brûlez la vie par les 2 bouts ! C'est difficile à gérer pour la famille. En fait vous êtes une autre personne, plus vivante, plus énergique, avec une bonne dose d'humour, et vous vivez à fond le présent.
Le sport est un excellent compagnon pour se reconstruire physiquement et psychologiquement. Il permet de se faire plaisir, d'oublier les souffrances, d 'évacuer les angoisses. De l'exclusion, vous passez votre temps à aller vers les autres, à être plus généreuse, à donner, à parler, à partager. Vous allez à l 'essentiel. Vous n'avez pas envie de perdre votre temps.
J'ai rencontré un homme avec le même parcours et avec la même rage. Alors nous nous sommes mariés. Nos 2 garçons, passionnés de sport, sont nos 2 médailles, nos 2 cadeaux de la vie. Bien sûr nous pensons aux donneurs, car sans cette générosité, nous n’airions pas connu et vécu autant de bonheur. Je pense que ma vie aurait été bien vide et plus courte. Si l'on m'avait prédit qu'un jour j'allais travailler avec une association pour redonner de l 'espoir aux malades, je ne l'aurais pas cru une seconde. Depuis 3 ans, je témoigne et je suis engagée. Je parle de la nécessité du don d'organes et de la réussite de la transplantation. J'ai participé aux Jeux Mondiaux des transplantés à Nancy en 2003, et je n'oublierai jamais cette chaîne humaine autour du stade qui symbolisait la joie d'être en VIE et de le CRIER à TOUS. Mon récit est un résumé... Je distribue des cartes de Donneur d’Organes dès que je le peux, en essayant de convaincre, car chacun de nous doit se sentir concerné.
Alors si vous aimez la vie, prenez la bonne décision et dites le à vos proches, car ce geste sera le plus beau.