Les greffés font du sport !
Quelques témoignages de transplantés qui s'épanouissent dans la pratique d'un sport, avec l'aimable collaboration de TRANSFORME

● Georges CARLO, 69 ans, demeurant à Cagnes (06)
Transplanté du foie en 1996 – 10 ans de greffe
Pour Georges Carlo, mars dernier a été un double anniversaire : il a marqué non seulement les 20 ans de la Course du Cœur mais les 10 ans de sa greffe du foie ! Dix années que ce niçois de 68 ans qualifie volontiers de « bonus »... « D’autant plus que tout est redevenu très vite normal après l’opération, précise-t-il. Six mois après ma greffe, je faisais l’ascension du Mont Blanc avec une équipe du CHU de Nice ! » Un bel hommage à son gastro-entérologue, Jean Gugenheim…
Alors pour Georges, les 20 ans de la Course sont une épreuve incontournable. Toutefois, qu’on ne s’y trompe pas ! Cet habitué de l’épreuve _ il annonce neuf participations et s’amuse à doubler des coureurs non greffés…_ œuvre tout au long de l’année pour le don d’organes. « Avec le Lion’s Club de Nice Aéroport, explique cet ancien chef d’escale de la Postale de nuit, nous organisons tous les ans une course internationale pour les transplantés, la Prom’classique. Et j’effectue des actions de sensibilisation dans les lycées et les collèges.»
Pour notre greffé, la retraite ne semble pas être l’ordre du jour…
● Francis LUCZAC, 42 ans, (Belfort)
Transplanté du foie – 10 ans de greffe
A 30 ans sa vie a basculé à la suite d’un accident de parachute, alors qu’il passait son brevet de premier niveau. Sa mauvaise réception au sol lui brise les deux jambes. Les mois suivant les déficiences physiques se multiplient, aboutissant à une détérioration complète de ses fonctions hépatiques. La greffe est inéluctable devant l’échec de tous les traitements. Elle a lieu rapidement et quelques mois plus tard, il s’aligne au départ d’une course de VTT de trois jours, en altitude et disputera ensuite la coupe de France de VTT. Francis est un habitué des rendez-vous sportifs de TRANS-Forme. A chaque fois médaillé aux Jeux nationaux et mondiaux, il se donne toujours au maximum au 5km marche, au 5 et 20 km vélo et au mini-thriatlon, ses épreuves fétiches toujours pour « montrer et donner de l’espoir aux personnes en attente, qui parfois attendent longtemps et peuvent voir leur avenir en noir ».
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Transplanté du foie en 2003 – 2 ans de greffe - 2ème participation à la course
Dès l’adolescence, il se savait atteint d’une maladie du foie, la même que sa sœur, à laquelle elle, n’avait pas survécu. Soudainement hospitalisé suite à des douleurs aiguës, son foie présente en fait les symptômes d’une cirrhose évoluant assez vite. La transplantation est le seul recours. Il a 24 ans.
Après d’importantes complications post-opératoires, il remonte sur ses jambes et, à peine, sorti de l’hôpital, il réapprend peu à peu les gestes physiques du quotidien et se force à retrouver ses réflexes sportifs car il savait que « le retour à ses activités sportives de prédilection serait un facteur déterminant pour sa reconstruction ».
Olivier reprend modestement ses activités sportives antérieures, mais avec l’objectif secret quand même d’effectuer 80 kms de vélo avec ses amis, comme ils le faisaient chaque année à la même date. Pari réussi !
Il ne rate aucun rendez-vous sportifs de Trans-Forme car « nous nous devons de montrer ce que nous faisons aux personnes en attente pour leur donner l’espoir. Même si pour moi le chemin de la guérison a été long et vraiment difficile, je me suis toujours tourné vers la vie car grâce à ce don, j’ai reçu le plus beau des cadeaux de la vie et je me dois de faire honneur à celui qui l’a permis ».
● Gisèle BREUIL-BOZZO, 58 ans – (Marseille)
Transplantée d’un foie une première fois en 1992 et une deuxième fois en 1997.
Dès sa jeunesse, Gisèle était une sportive acharnée. Nageuse de haut niveau, à l’adolescence, elle enchaînait déjà les compétitions de natation à un niveau régional.
A 35 ans, elle commence à pratiquer la course. Pour le plaisir d’abord et « garder la ligne »... Elle n’en reste pas là bien sûr : elle s’attaque au triathlon longue distance (4 km de natation, 180 km à vélo et 42 km de course) pour lequel elle atteint la sélection en équipe de France en 1988 et 1989. Elle décroche le titre de championne d’Europe de Triathlon pendant deux années consécutives (1988 et 1989), sur grandes distances et toutes catégories.
Gisèle vivait à mille lieues de la maladie.
Le jour de ses 45 ans, elle se souvient encore de « cette atroce douleur au foie ». On lui découvre une tumeur qui s’avère être un virus peu connu, tuant peu à peu son foie. La greffe est inéluctable.
Pendant cette période d’attente de la greffe, des douleurs intenses surviennent par crises, difficiles à endurer se souvient-elle, mais qui malgré tout, ne l’empêchent pas de maintenir une activité sportive. La greffe a lieu et lui permet de reprendre l’ensemble de ses activités.
Après une période de répit de 4 ans, des complications inattendues se manifestent. Il s’avère qu’elle souffre d’une thrombose hépatique des suites de sa transplantation. Les voies biliaires sont très atteintes et son état empire au point qu’elle est hospitalisée pendant 6 mois en service d’urgence (obligation d’être nourrie artificiellement tous les jours). La 2ème greffe a lieu in extremis. Et la sauve.
Elle reconnaît avoir beaucoup plus souffert au cours de la période d’attente de la deuxième greffe où elle s’est vue condamnée. Et, sa capacité à combattre, à se dépasser résultant de son habitude de la compétition sportive, lui semble rétrospectivement, avoir beaucoup contribué à lui sauver la mise pendant cette très difficile période.
Depuis, elle vit normalement.
Gisèle aligne encore chaque année, 6000 km au compteur de son vélo.
« Depuis ma première greffe, le sport a pris encore plus d’importance dans ma vie. Il m’a aidé à lutter contre l’image que j’avais de moi. Celle d’une personne malade ».
Aujourd’hui encore, Gisèle devance souvent ses cadettes dans les compétitions auxquelles elle participe.
Tous les jours sans exception, elle a une pensée pour les deux donneurs inconnus : « je leur parle, je les remercie de m’avoir permis de voir grandir mon fils qui à 22 ans maintenant ». Elle a appris « à déguster chaque instant ». Elle ne parle jamais de ses opérations sauf pour « encourager le don d’organes ». Car elle sait que pour des milliers de malades à travers le monde, l’alternative est simple : un organe ou la mort.
« Au fond, la maladie et le sport, c’est pareil. La ligne d’arrivée peut paraître loin, mais on y arrive ».
Aujourd’hui, elle pratique le cyclisme, la natation, le footing et la marche 4 à 5 fois par semaine. Gisèle a été médaillée 4 fois à tous les Jeux mondiaux auxquels elle a participé et remettra en jeu ses médailles, cette année, une fois encore.
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Transplanté du cœur – 8 ans de greffe
Depuis sa greffe, Michel a toujours eu l’impression que la vie lui a donné une seconde chance : « La vie continue, mais c’est un nouveau départ ». Michel a bénéficié en urgence d’un nouveau cœur car une sévère cardiomyopathie d’origine inconnue, la même qui avait emporté son père 30 ans auparavant, le condamnait irrémédiablement. Timide au départ, il a repris peu à peu pied dans la vie, et à cette époque, la pratique du sport a été déterminante et motrice pour son moral. Aujourd’hui, ses victoires, c’est gagner de l’altitude en montagne, faire 20 km à vélo à un rythme que parfois les bien-portants n’atteindraient pas. Fidèle aux Jeux Mondiaux, il s’attellera au 5 km marche, au 20 km cyclisme, au badminton, au bowling et à la pétanque.
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